écrire à l’infini

Blog consacré à l’écriture de nouvelles littéraires

écrire : Un procédé permanent

La création par l’enviE et le dépassement de soi

Créer une œuvre littéraire, aussi courte soit-elle, nécessite d’abord de l’envie. Pour faire naître l’envie d’écrire, rien de tel que la lecture des auteurs que nous affectionnons. Nombre d’écrivains se sont d’abord confrontés au genre de la nouvelle, ce récit court à la mécanique exigeante. Elle met en scène des personnages peu nombreux et très peu décrits. Centrée sur un seul évènement, la nouvelle ne se termine pas forcément par une chute spectaculaire. Dans « Tu sacerdos » (Les Plus Beaux de nos Jours, 1937), Marcel Arland termine son récit par un geste très simple : un enfant qui ose poser la main dans celle de son grand-père. Tout ce qui précède semble oublié.

 

Image carnet pc

 

La maîtrise de l’art de la nouvelle passe par une exigence : faire l’effort d’écrire et faire en sorte que cet effort n’en soit plus un. Au début, l’apprenti écrivain de nouvelles doit dépasser cette peur de l’effort. Il y a une contradiction forte dans ce dépassement : comment mêler le plaisir d’écrire et l’effort que nécessite cet art exigeant ? Par la répétition. S’astreindre à l’écriture quotidienne, même de quelques lignes, et la mécanique de l’écriture va s’installer. Le sportif s’entraîne régulièrement en vue de préparer une compétition, ou un objectif. L’écrivain de nouvelles est un sportif cérébral qui entretient son aptitude à l’écriture par la régularité.

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Vous aurez de mes nouvelles !

Émile Pupille

Sous le ciel noir de juillet, près du marché aux puces de Noisy, le chariot crasseux débordait de fripes, d’outils rouillés, de jeux en bois brisés, et bien d’autres choses encore. À ses côtés, le jeune Samuel haranguait les passants au regard rivé sur un horizon qu’il ne connaîtra pas. Le sien ombrait la cabane de jardin qui lui servait d’abris : un dôme de déchets plus haut qu’un arc-en-ciel. Son gagne-pain. Une vieille dame au cabas chargé de provisions lui lança des injures comme des pierres : un va-nu-pieds, un parasite de la société, voilà ce qu’il était, à se couvrir le corps de frusques. Impassible, Samuel continuait son marché, à qui voudrait bien, contre une pièce ou deux, acquérir une radio d’époque poussiéreuse, un tourne-disque démembré, un vieux réveil à remonter.

Un honnête homme

l est assis là, devant la porte en bois massif, la tête camouflée sous une capuche. Une assiette posée légèrement sur sa droite attire l’œil d’un passant. L’homme debout s’interroge sur son contenu. Est-ce une pièce ? Un rond de métal ? Elle semble...

Les doigts fantômes

u vois, ma cane, je n’ai pas dix doigts entiers comme toi. » Une dégauchisseuse sans protection, une planche qui se coince, et plusieurs phalanges sectionnées ont rougi les copeaux de bois. Dans l’atelier de grand-père, l’enfant que j’étais...
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