Lectures

Retour sur mes lectures : TAQAWAN par Eric Plamondon

Taqawan. « Au Québec, on a tous du sang indien. Si c’est pas dans les veines, c’est sur les mains ». On est à la moitié du livre, quand la réplique du vieux fermier vous saute à la figure. Un roman noir, entrecoupé de fragments comme si le narrateur mettait son récit sur « pause », pour nous mettre les pendules à l’heure : par exemple, un extrait de la conférence de presse donnée par le premier ministre du Québec René Lévesque le 25 juin 1981, sur les évènements de Restigouche, réserve indienne en quête de son identité, de ses droits sur ce continent qui a vu les blancs ( l’anglais, le français ) se disputer les terres qui n’appartiennent à personne – est-ce que l’air que l’on respire appartient à quelqu’un ?

Eric Plamondon nous gratifie d’une recette de cuisine, une spécialité : le Miskwessabo (la soupe aux huitres) . Personnellement, je vais essayer. Je vous dirai ce que j’en pense. Je vous la retranscris intégralement :

Miskwessabo (la soupe aux huitres)
36 huîtres et leur jus
3 cuillères à table de gras animal ou de beurre
8 tasses de fumet de poisson
un quart de tasse de farine de maïs
2 têtes d’ail des bois hachées
une demi-tasse de cresson haché
quelques feuilles de menthe sauvage
sel marin au goût

Sortir les huîtres de leur coquille, les mettre dans un ecasserole avec leur jus et le gras animal (ou le beurre).

Incorporer le fumet de poisson, la farine de maïs et mélanger. Chauffer lentement durant une vingtaine de minutes en remuant.

Ajouter les têtes d’ail, le cresson, la menthe et le sel.

Remuer encore une minute ou deux.

Servir chaud.

(Taqawan – Eric Plamondon. page 112)

Vous pouvez aussi voir une autre variante de cette recette sur le site http://www.quebecuisine.ca/?q=soupe-micmaque-huitres

Taqawan signifie saumon en langue mi’gmaq. Tout au long du livre, nous ne sommes jamais très loin de ce grand migrateur, capable de retrouver son lieu de naissance pour perpétuer son espèce. Jamais très loin des conditions de vie rendues difficiles par des colonisateurs qui ont apporté dans leur sac, la propriété, l’avidité, la cupidité, et en échange de quoi, les autochtones ont vu leur espace s’amoindrir au point d’être cantonnés dans des réserves trop petites pour satisfaire leur mode de vie.

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