Le roman-feuilleton

Naissance d’un roman-feuilleton – épisode 5

La fabrique d’une renommée : du concept à la célébrité.

Dans cette fiction, Raoul Béryl possédait un domaine viticole situé sur un des flancs d’un plateau calcaire surplombant Dijon et nommé les Hautes Plates. La particularité de ce type de roche en fait un véritable gruyère parsemé de cavités, de grottes, de gouffres plus ou moins profonds. On dénombre en Côte-d’Or 1282 cavités souterraines. Parmi ces cavités, une en particulier retiendra notre attention dans cet article, peu connue des Dijonnais : la grotte de Nevon qui se déploie sur plus de 22 kilomètres.

La grotte du Nevon

Pourquoi parler de cette grotte ? Pour sa localisation à proximité de Dijon et pour la part qu’elle prendra dans l’histoire d’une renommée : le secret de fabrication d’un cru mondialement connu : Le domaine des Hautes Plates. Avant d’entrer dans les détails, je vous invite à faire la découverte d’une méthode d’élaboration d’un vin hors du commun : la vinification sous-marine par immersion des cuves (ou bouteille) à 15 mètres de profondeur, voire plus. Bien sûr, dans la vrai vie, il s’agit d’eau de mer. Le principe repose sur une croyance non vérifiée scientifiquement – assertion à prendre avec des pincettes, si vous avez des infos sur le sujet, je suis preneur –, mais gustativement. Des essais comparatifs ont été réalisés : plonger des bouteilles de vins dans l’océan pendant 6 à 12 mois, ou plus, puis comparer gustativement le vin ainsi vieilli avec une bouteille témoin qui elle n’a pas subit cette immersion mais un vieillissement normal en cave. De l’aveu des gouteurs, le vin vieillirait plus vite avec des arômes inconnus en surface. Le seul article que j’ai trouvé sur le net et qui présente des points de vue critiques sur les bénéfices ou non de l’immersion est consultable sur slate.fr.

Je trouvais cette idée intéressante, bien que discutable sur le plan de l’amélioration des vins ainsi vinifié – et du coût –, mais l’aspect purement novateur et donc commercial et médiatique, donne une autre dimension à l’histoire. Comment la rendre plausible ? Les grottes sont des caves naturelles ou l’humidité et la température sont constantes. Alors pourquoi Raoul Béryl a-t-il choisit d’immerger ses bonnes bouteilles dans un des siphons de la grotte de Nevon ? Par accident. Son régisseur, Zorba Gréco, ancien légionnaire, sportif et passionné de spéléologie (ça tombe bien, me direz-vous) , décida de fêter ses quarante ans sous terre avec des amis en emmenant avec lui de quoi trinquer : une bonne cuvée offerte par son patron, Raoul Béryl. Suite à une mauvaise manipulation, la bouteille fut jetée, non pas à la mer, mais dans un siphon de la grotte de Nevon d’une bonne profondeur. Ce n’est qu’un an plus tard, lors d’une exploration dans ce siphon, que Zorba découvrit la bouteille intacte. Quelle ne fut leur surprise quand Raoul et Zorba dégustèrent le subaquatique breuvage. Des arômes improbables, un vieillissement prématuré, et une idée marketing pour développer le business. Le concept était né mais secrètement et jalousement gardé, et la renommée , arrosée à coup de reportages condescendant, d’articles de presse magnifiant, de locale elle devint régionale puis nationale et enfin mondiale. Elle fit la richesse du domaine et de son propriétaire.

Que feraient Alcide et Barthélemy de ce secret s’ils en avaient la connaissance ? Zorba leur dévoilera-t-il ?

Pour patienter encore, je vous parlerai la semaine prochaine d’un autre personnage, dont l’activité principale consiste à percer l’âme humaine et dévoiler ses secrets les plus noires, les plus répréhensibles.

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