MON ATELIER D’écriture

Première semaine

préambule

Quelques mots de présentation

Avant de démarrer cette première séance, je me présente : je m’appelle Jacques Corneloup, j’ai 56 ans et j’ai choisi d’exercer le métier de « conseil en écriture professionnelle et privée, écrivain public ». C’est la longue dénomination de la licence professionnelle que j’ai suivie à l’université Sorbonne Nouvelle Paris 3 de septembre 2019 à juin 2020. 

Parcours

Deviens qui tu es : un joueur d’ écriture.

L’objectif de cette première séance est de faire connaissance avec son double : celui d’écrivant. J’ai bien écrit écrivant et non écrivain. Nous avons tous un rapport à l’écriture qui remonte à nos jeunes années : apprendre à écrire pour, un jour, apprendre à raconter des histoires. Mais entre les deux, nous avons utilisé l’écrit comme un outil : écrire une lettre, un devoir scolaire, une liste de course, un rapport de stage, une thèse, un billet doux, un discours de mariage. Pourquoi pas ?

Vous réaliserez ces cinq exercices dans l’ordre. À la fin de chaque exercice, chacun pourra s’exprimer : donner son ressenti, lire son texte, commenter, en toute bienveillance.

Affirmer son souhait d’écriture (durée : 25 ‘)

Cet exercice se déroule en deux temps.

1. Dans un premier temps. (durée : 10′)

Sur une feuille de papier, tracez trois colonnes.

Dans la première colonne, que vous intitulerez « Ce qui me bloque », vous ferez la liste de tout ce qui vous empêche d’écrire. Par exemple :

  • Le manque de temps.
  • La peur d’être jugé (le fameux qu’en dira-t-on).
  • J’ai peur qu’on découvre des fautes dans mes écrits.
  • etc.

Laisser libre la deuxième colonne, nous y reviendrons.

Dans la troisième colonne, que vous intitulerez « Ce qui me pousse », listez tout ce qui vous pousse à écrire. Par exemple :

  • J’ai toujours aimé raconter des histoires.
  • J’aimerais écrire pour moi.
  • etc.

Dans la deuxième colonne, que vous intitulerez : « Solutions », écrivez en face de ce qui vous bloque, les solutions qu’il serait possible de mettre en place pour dépasser ces blocages. Je ne donne pas d’exemple, à vous de les trouver.

2 Dans un deuxième temps. (durée : 15 ‘)

Sur une autre feuille, vous allez écrire une lettre à vous-même, en utilisant le « tu », en commençant par :

Cher ou chère (votre prénom)

Puis vous affirmerez à partir du tableau que vous avez rempli, toutes les solutions qui vous permettraient de contourner les blocages d’écriture pour qu’au final vous puissiez réaliser ce qui vous motive à écrire (la troisième colonne).

Par exemple :

« Pour ne pas avoir peur d’être jugé(e) par tes écrits, désigne un lecteur de confiance : ton conjoint, ton meilleur ami, etc. Il sera ton premier lecteur à chaque production d’écrit. Ainsi tu réaliseras ce qui te motive : écrire des histoires pour les enfants. »

Ecrire ses émotions (durée : 30 ‘)

Cet exercice vous propose de parler de vos émotions en les écrivant.

Pendant 10 ‘, vous ferez une liste d’évènements que vous avez vécus, ou dont vous avez été témoin. Peu importe où, quand, comment, pourquoi : choisissez-en un qui aura pour thème une émotion particulière parmi la joie, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût ou la surprise.

Écrivez un court texte, pendant 20 ‘, à la première personne, en vous focalisant sur l’émotion elle-même. Utilisez un vocabulaire approprié, varié, pour définir l’émotion ressentie par vous (s’il s’agit de vous) ou de votre personnage (celui ou celle qui énonce, qui raconte).

Puis ceux ou celles qui le souhaitent liront leur texte aux autres.

Les cinq sens (durée : 30 ‘)

Aristote, philosophe grec du 4e siècle avant Jésus-Christ, en a dénombré cinq* :

  1. la vue
  2. l’ouïe
  3. l’odorat
  4. le toucher
  5. le goût

Pendant 10′, par groupe de deux, en vous aidant d’un dictionnaire si besoin, faites une liste des mots ou expressions que vous utiliseriez pour chacun des cinq sens.

Vous allez ensuite, individuellement, pendant 20 ‘, écrire l’histoire de votre premier jour d’école en y ajoutant cinq mots que vous avez trouvés pour  chacun des cinq sens (un mot par sens).

Si vous ne vous souvenez pas de votre premier jour d’école, inventez-le ou bien racontez la première fois que vous êtes parvenu à garder l’équilibre sur un vélo, ou une première fois, celle que vous voulez.

*Bonus : les scientifiques en dénombrent bien plus que cinq. Trouvez en un qu’Aristote n’a pas mentionné et imaginé, en une dizaine de lignes, une histoire brève autour de ce « sixième sens ».

 

 

L’observation (durée : 1 heure)

Pendant 30 ‘ : prenez un carnet et un stylo. Vous allez sortir dans un lieu fréquenté par du public. En chemin, vous noterez tout ce que vous ressentirez (pensez aux cinq sens), les émotions suscitées. Vous vous arrêterez (restez debout ou asseyez-vous, peu importe), puis décrivez en quelques mots, ce que vous voyez, entendez, etc. (les cinq sens) ainsi que les émotions que cela vous procure. Puis revenez à votre point de départ.

Pendant 30′ : à partir des notes que vous avez prises, écrivez un fragment* (qui n’est pas forcément une histoire).

Un fragment est un texte non élaboré que les écrivains utilisent pour plus tard, comme le jardinier dans son jardin : il récolte pour qu’un jour les pommes de terre entrent dans la composition d’une jardinière, les framboises se transforment en gelée, la rhubarbe recouvre une tarte.

 

Dans mon grenier, il y a … (durée : 35 ‘)

Je vous propose un jeux d’écriture à réaliser entre tous les participants.

Pendant cinq minutes, sur une feuille de papier, vous allez faire une liste de 5 objets que vous stockez dans votre grenier (si vous n’avez pas de grenier, un endroit où vous entreposez des objets qui ne servent plus).

Vous allez donner cette feuille à votre voisin de gauche, et vous recevrez la feuille de votre voisin de droite. Chacun choisira un des objets de la liste qu’il aura reçu.

En 30′, rédiger une histoire autour de cet objet. Pensez à utiliser le vocabulaire des sensations et des émotions.

Astuce : votre personnage principal peut être l’objet lui-même.